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Au secours, je rentre d'expatriation ! Faire face au choc du retour à l'impatriation.

Après être parti de chez vous, avoir potentiellement affronté un choc culturel à l'arrivée en expatriation, vous avez terminé votre parcours à l'étranger et vous revenez sur vos terres natales. Votre expatriation vous a changé, en lien avec certains processus liés à la psychologie de l'expatriation, et votre pays a probablement changé lui aussi. Vous allez donc probablement faire face au choc du retour ou choc culturel inversé. Dans un précédent article, nous avons vu que différents facteurs venaient impacter ce choc du retour, et qu'il existe des conseils pour prévenir au mieux les répercussions d'un retour, avant de quitter son pays d'expatriation.

 

Mais aujourd'hui ça y est, vous y êtes, vous vous "impatriez" et vous souhaitez faire face à cette nouvelle transition. Voyons donc quelles sont les réactions habituelles face au choc culturel inversé. Vous trouverez aussi des conseils pour gérer ce blues du retour lié à l'impatriation.

Bonne lecture !

Faire face au choc du retour à l'impatriation.

Les réactions habituelles

Une large palette de réactions au choc culturel inversé est normale.

Une fois que vous arrivez à la maison, en étant convaincu de retrouver votre cocon et vos repères familiers, le choc de retour peut vous prendre par surprise. Pour les expatriés qui ont vécu des expatriations successives, dans différents pays, le choc du retour peut progressivement se calmer et s'apaiser avec le temps. Car, expatriés de long terme et multi destinations, vous avez mis à l'épreuve et travaillé vos capacités d'adaptation à plusieurs reprises, et vous vous êtes probablement façonné quelques conseils au travers de ces années de déplacement. D'ailleurs, pour certains expatriés en mouvement régulier, cela fait partie des aspects positifs de l'expatriation : cela peut même générer de l'excitation, car cette "claque de nouveauté", ce choc, peut en fait être apprécié. Oui, cela va prendre quelques jours, voire quelques mois, avant de se sentir à nouveau chez soi, mais finalement cela ne génère pas de conséquences émotionnelles trop compliquées.

 

Pour certains expatriés donc, finalement le choc du retour c'est un peu comme un inconfort temporaire, une sorte de décalage horaire mais dans la tête. Pour d'autres au contraire, c'est une phase de transition très problématique voire pesante, qui ne se termine pas assez vite.

 

Voici quelques-uns des signes et symptômes du choc du retour :

  • Les lunettes déformantes. Cette sensation peut être assez étrange parce que vous avez l'impression qu'à la fois tout est pareil et familier et en même temps différent. Same same but different. Vous regardez les choses avec une sorte de décalage et vous vous sentez en fait un peu étranger.
  • Vous vous sentez comme un étranger dans votre propre pays, c'est d'ailleurs un deuxième signe. Vous avez l'impression que votre entourage ne vous connait plus vraiment ou en tout cas a des difficultés à vous comprendre. Vous ressentez le mal du pays, mais cette fois pour le pays dont vous êtes parti.
  • Vous devenez critique envers votre culture originaire, car vous vous êtes habitué à d'autres repères culturels et vous avez mûri dans un autre contexte. Cela peut générer des sentiments d'ennui, de frustration ou de débordement émotionnel. Vous pouvez par exemple ressentir de la colère, face à des choses qui vous semblent franchement étranges et illogiques.
  • Vous vous sentez excité, ennuyé, déprimé, isolé, troublé...
  • Vous avez l'impression d'avoir changé quand rien n'a bougé. Ou alors au contraire, vous avez l'impression que tout a changé et que vous n'arrivez plus, vous qui êtes resté le même, à vous intégrer dans un contexte complètement mouvant. Cela peut donner parfois cette impression d'arrêt sur image que vous voyez dans certains films, vous êtes le seul à continuer à bouger dans l'image alors que tout est sur pause. 

Alors, quelles sont vos réactions ? A partir de quel moment devriez-vous vous inquiéter de certains ressentis ou comportements ?

 

Vos principaux repères pour savoir si vous devez vous inquiétez ou non, sont d'abord :

  1. L'intensité de ce que vous ressentez. Si vos ressentis viennent tout polluer dans les premiers jours, c'est encore assez normal. Mais si vous êtes de retour depuis plusieurs mois et que vous n'arrivez plus à profiter de rien, ni des rencontres avec les gens que vous aimez, ni de nouvelles expériences agréables, alors un signal d'alerte peut retentir dans votre tête.
  2. La durée de vos ressentis. Qu'estimez-vous être juste comme temps de réadaptation ? Certains expat ont de fortes attentes par rapport à eux-mêmes et espèrent avoir dépassé le choc culturel inversé en une semaine ou deux. Avez-vous des attentes irréalistes ? Etes-vous tout simplement en train d'essayer de retrouver du confort dans ce qui représente une nouvelle expatriation pour certains ?
  3. Et enfin le dernier signe d'alerte auquel vous pouvez être à l'écoute et celui de votre souffrance. En effet le choc du retour peut générer de l'inconfort, mais quand vous ressentez un mal-être psychique et physique de manière continue, il est probable que vous ayez besoin d'être soutenu et accompagné dans votre réappropriation de votre pays d'origine.

Conseils pour dépasser le choc du retour

Peut-on minimiser le blues du retour, et est-il possible de ne pas en souffrir du tout ?

 

 

Les symptômes que nous avons décrits me sont exprimés par de nombreux expatriés qui rentrent chez eux. Ce sont des réactions normales, et fréquentes.

Évidemment, la notion du "chez soi " est un concept particulier et fluctuant pour beaucoup d'expatriés, et parfois "rentrer à la maison" recouvre bien plus d'un pays ou d'une destination.

 

 

Alors comment faire en sorte de dépasser au mieux ce(s) choc(s) du retour lorsque l'on s'impatrie ?

Voici quelques conseils et astuces que j'ai pu glaner parmi mes patients et au travers de mon expérience personnelle et clinique : 

  • Le fait de se préparer au choc culturel inversé, autrement dit d'être dans une démarche de prévention avant de prendre l'avion pour rentrer chez soi, est une première étape importante sur laquelle nous avons déjà échangé.
  • Le fait de s'attendre à ce choc du retour, de lire à ce propos comme vous le faites maintenant et d'être en relation avec d'autres expatriés qui ont vécu un parcours similaire au vôtre est une autre ressource importante.
  • Ne pas effacer tout ce qui concerne le pays dont vous rentrez : si vous avez besoin de "vacances psychiques", si vous avez envie de vous remémorer des souvenirs positifs ou de réentendre la langue, n'hésitez pas à garder des images, des vidéos accessibles pour pouvoir les consulter quand vous le souhaitez. Ramener des souvenirs avec soi et avoir tenu un journal tout au long de son expérience permet de garder un lien entre l'avant et l'après.
  • Dans cette même dynamique, vous pouvez maintenir des liens virtuels ou concrets avec les personnes que vous appréciiez dans votre pays d'expatriation.  Il peut s'agir d'échanger en ligne ou de vous retrouver pendant des vacances, par exemple.
  • Donner rendez-vous à des amis ou à la famille pour  partager ensemble des traditions culturelles, des loisirs, des événements politiques.
  • N'hésitez pas à échanger comme vous l'auriez fait avec les habitants des pays que vous découvriez.  Quel est le point de vue local aujourd'hui des gens qui vous sont proches sur les différentes situations que vous allez avoir à vivre ?

Vous pourriez avoir l'impression, fictive ou bien réelle, que votre entourage n'a pas envie d'entendre parler de votre expérience à l'étranger, et vous sentir de ce fait très incompris. C'est d'ailleurs l'un des marqueurs majeurs du choc culturel inversé. Il génère une sensation d'isolement.

  • Il est donc important que vous puissiez rester en connexion avec vos amis expatriés, et que vous fassiez de nouvelles connaissances avec des personnes qui ont un parcours similaire au vôtre et qui vont apprécier de pouvoir partager avec vous ces expériences à l'étranger.
  • Et enfin, même si le retissage des liens semble compliqué de prime abord, ne renoncez pas. Vous savez maintenant que toute transition demande du temps et vous allez finir par traverser ces différentes étapes et retrouver du confort avec votre entourage.

 

Si ce choc culturel inversé dur trop longtemps à vos yeux, s'il vous empêche de vivre votre quotidien sereinement et de travailler à nouveau, d'étudier ou d'être en lien avec les gens que vous aimez, n'attendez pas pour consulter un psychologue spécialisé des problématiques de l'expatriation. Il en va de votre santé mentale.

Vous pouvez consulter la page Expatriation, impatriation de mon site, qui présente les phénomènes fréquents.

Il existe une rubrique de ce blog dédiée aux thèmes de l'expatriation et de l'impatriation.
Si vous observez que vous êtes bloqué, ou que vous n'arrivez pas à mobiliser vos ressources pour retrouver votre pays avec plaisir,
si vous en êtes affecté, et que vous vous interrogez sur une éventuelle dépression post-retour,

il est positif de pouvoir demander de l’aide à un professionnel ;

Je reste disponible via la page Contact de mon site pour toute question,
et si vous avez besoin de parler de ce que vous traversez en ce moment.

 


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Si vous avez un proche expat' ou impatrié qui pourrait apprécier d’avoir des points de repères pour comprendre et gérer le choc du retour, n'hésitez pas à lui faire lire cet article !